(oyesse ! fouque mihard !)
Ça fait quelques mois déjà, Skyblog à changé (à peine)(en pire) de visage. Soyons honnête, il y a eu une amélioration, de taille, Skyblog – pardon, Skyrock ^^ – s'est enfin mis à l'heure du flux RSS, pratique. Pour le reste, nous autres nous voyons imposer un nouveau design à trois colonnes tout aussi moche que l'ancien à deux (peut-être un jour auront nous le choix), imposer aussi tout un fatras de publicités, bannière en entête et liens sponsorisés (plein de fautes, c'est affligeant) en colonne, non sollicitées ça va de soi, mais qui plus est pour certains passant à travers le filtre de Adblock+ (extension pour Firefox vous dispensant de la plus grande partie du contenu publicitaire du web, éwé). Bref, ça pue...
Par contre, ce changement de gueule de mon hébergeur de blog préféré m'a permis de (re)découvrir que Skyrock ce n'était pas que des blogs pourris, mais aussi des profils de blogueurs, ainsi un chat (prononcer « t'chatte ») très fréquenté par les ados en chaleur, et accessoirement par les pédophiles en chaleur.
Mon profil donc, que je m'empressais de renseigner avec tout plein d'infos qui vous en apprendront tout plein sur moi. Et hop ! plus qu'à attendre les innombrables messages de jeunes hommes n'attendant qu'une seul chose : « faire ma connaissance ». Je suis flattée... Bon, toute proportion gardée (mon nombre de visites, 450 à l'heure qu'il est, n'ayant rien extraordinaire) et modestie mise à part, je suis impressionnée par le nombre de messages que je reçois de la part d'inconnu(e)s qui n'ont de toute évidence rien à me dire. Ah si, certains veulent « faire ma connaissance » (coïncidence même pas inventée, je viens d'en recevoir un, au moment même où je rédige ce post)(oh ! un deuxième, ils se sont donnés le mot ou quoi ?). Mais disons le tout de suite, bon nombre de messages se limitent à « cc » (le plus court que j'ai eu, je pense pas que le record sera battu un jour) ce qui, ai-je supposé après réflexion, signifie « coucou ». C'est gentil tout plein. Parmi tous ces gentils jeunes hommes qui veulent « faire ma connaissance » on en trouve parfois (quand, d'humeur joueuse, je daigne leur répondre) dont la conversation est rigolote. Exemple avec ce garçon un peu maladroit sur les bords à qui il faut tout apprendre (genre que les filles aiment bien se sentir uniques, et que par conséquent une déclaration d'amour passe-partout ne fait aucun effet) que j'arrive rapidement à convaincre de m'écrire un petit poème. Ne soyez pas jalouses, il était absolument navrant, j'écrivais mieux à l'école primaire, mais ça m'amuse beaucoup. Tout ça pour dire aux minettes qui traînent en ces lieux, les mecs sont cons et c'est vous la denrée rare, donc amusez-vous avec, c'est facile, vous avez le pouvoir. Par contre, ne les laissez jamais « faire votre connaissance », c'est tout ce qu'ils veulent, et même si vous avant vous les avez traînés dans la boue pendant deux mois, une fois qu'ils l'ont eu il ont gagné, ne vous faites pas d'illusions.
Mais il n'y pas que mon profil, si si, je vous jure, y a aussi celui des autres. C'est l'occasion de rigoler un petit coup en lisant les descriptions et surtout les « j'aime / j'aime pas » (dont 80% vous apprendront que le proprio du profil n'aime pas le racisme et l'hypocrisie, ni la prise de tête, c'est bô). On peut aussi mater les inévitables photos de bogoss les abdos au vent et de photo en plongées de meufs en décolleté plongeant. Hummm... Consensuel, con et sensuel, Skyrock c'est tout ça à la fois et encore plus.
Viendons-en alors au plus rigolo, le chat.
Comme je le faisais remarquer plus haut au sujet des profils, et c'est encore plus vrai sur le chat, la minette s'y fait rare (à l'heure qu'il est, environ une pour trois sur l'ensemble du chat, et une sur dix sur le fameux HotChannel)(et je ne compte pas les mecs connectés sur des comptes feminins) et est d'autant plus recherchée. Mesdemoiselles, pas la peine donc de bouger, l'homme viendra à vous – même si, connectée via mon compte mec (car j'en ai un, essayez, c'est rigolo) quelle ne fut pas ma surprise de me voir aborder par des filles (peu, mais quelques unes) il y en a donc certaines qui préfèrent choisir que de laisser faire le destin. L'homme viendra à vous donc, même si vous vous planquez dans les salons réservés aux membres du beau sexe ils pourront vous débaucher via la liste complète des connectés. Et ce n'est pas sans effroi que je dois faire face à la meute de mâles qui me submerge, à tel point qu'il est parfois impossible de tenir la moindre conversation (genre un nouvel onglet qu'il faut fermer toutes les dix secondes, c'est lourd). Là aussi les gens veulent « faire ma connaissance ».
Et je réalise que – ce que, naïve (tu parles !), je n'osais imaginer – le chat de Sky – malgré les cautions intellectuelles que sont les salons (très peu fréquentés) musique, jeu-vidéo, foot, santé, quizz et cie – est en fait un gigantesque marché de la viande virtuelle, dans lequel on ne s'échange plus les « commz' » mais les « dial hot avc cam ». Et je dois dire qu'on y croise de jolis zozos. Une pensée émue pour « desperatedpusso » qui complexait à cause de sa virginité et de son engin parait-il trop petit et à qui j'espère d'avoir trouver une bonne âme pour l'initier à la chair (à moins qu'il ne s'agisse d'un type jouant sur l'apitoiement pour mettre les filles dans son lit, c'est possible). Un autre, que j'aime beaucoup et qui est venue plusieurs fois me voir mais dont je ne me souviens plus du nom, cherche désespérément à se faire sodomiser par une femme mais n'ose pas le demander à ses petites amies (quelque chose me dit que la petite rondelle de ces messieurs est encore un sujet tabou dans bon nombre de couples, c'est étrange dis-moi). J'en ai aussi croisé un qui affiche fièrement une photo de lui avec son bébé et qui vient draguer les gamines avec ça. A moins qu'il ne cherche une baby-sitter, le chat ayant malheureusement planté avant que je lui pose la question. Et je ne parle pas des innombrables « t veu maté 1 brakmar de 30cm ? ».
Nous sommes la génération internet et la génération porno, plus aucun doute. Je ne veux même pas savoir combien de claviers sont maculés de sperme chaque soir. Ce chat Skyrock (en réalité souvent relayé par msn, où on est beaucoup plus tranquille) fait étalage d'une sexualité complètement à la ramasse et déconnectée (un comble), un onanisme partagé entre no-life plus ou moins paumés – mais après tout je suis moi-même suffisamment complexée et sexuellement perturbée pour n'avoir de leçons à donner à personne. Je ne peux m'empêcher de trouver ça gerbant, pourtant ça m'amuse, beaucoup. Et il m'arrive parfois d'y faire un tour, pour jouer ma garce, tout ce que je ne fais pas IRL, allumer les mecs, les distraire de ce qu'ils viennent chercher en leur exposant ma grande théorie selon laquelle ce chat est générateur de zones d'autonomie temporaires virtuelles, en leur faisant lécher mes pieds s'ils veulent lécher mes seins, leur parlant de Yoshihiro Tatsumi s'ils veulent lécher mes pieds. M'interrogeant toujours sur l'effet que peuvent faire sur leur libido à la dérive des phrases cochonnes rédigées en mauvais français par une inconnue rencontrée sur messagerie.
Je n'avais pour l'instant jamais cédé aux sirènes de l'exhibition par webcam, chose que j'ai pu expérimenter récemment, probablement par désoeuvrement. Et d'un certain coté il s'agit de ma plus grande réussite, un trésor d'érotisme glauque et désespéré, étrangement inattendu. Parfois je pense à reproduire le coup, mais je crains que ce soit ce genre de choses qu'on ne provoque pas volontairement. Une nuit donc, réveillée et prise d'une crise de dépression+insomnie comme j'en ai le secret, je pleure toutes les larmes de mon petit corps et n'arrive plus à dormir, et je me résigne à aller sur Skyrock. C'est la première fois que j'y vais si tard, ça sent encore plus qu'à l'accoutumée les échanges de fluide par écran interposés, et je prends presque le premier qui vient. Il annonce la couleur directe, il arbore sa queue en avatar, et j'accepte sa proposition. Le voilà donc qui commence à se branler joyeusement, la cam braquée sur sa bite. Il déchante rapidement devant mon incapacité à l'exciter un minimum, faut dire que j'ai pas la tête à ça. Je prends donc mon air bambi et lui avoue « je suis triste ». Voilà qui a dû achever de le faire débander. Il débranche sa webcam, je crois que c'est mort, mais il finit par la remettre. Je découvre son visage, que je n'avais pas vu jusqu'à présent. Il est même pas moche, et doit même avoir des beaux yeux – ça fait bizarre de mettre un visage sur une bite. Il me dit de ne pas être triste, que je trouverai l'amour un jour (que sait-il de mes histoires d'amour ?) et que ça me fera du bien. D'un coté il a peut-être raison, et on discute pendant quelque temps, il essaye le moins maladroitement que possible de me remonter le moral – ce qui est très gentil de la part de quelqu'un venu ici pour se dégorger le poireau – avant que je décide de prendre congé. J'aimerais lui souhaiter bonne chance dans sa quête de la demoiselle qui va l'aider à évacuer son trop-plein sanguin, mais j'y arrive pas. Alors je me déconnecte, et je vais me coucher.